Pendant des années
il leur a fallu subir les "Finalement elle n'est pas si mal..." par exemple en parlant de Bernadette, mais il y avait une raison "c'était la femme de ...". À la limite on pouvait entendre "Elle est
super" mais on évoquait l'objet sexuel: Brigitte Bardot, Sharon Stone. On pouvait tolérer l'égalité, alors à titre d'exception: Margaret Thatcher, ou parce que leurs
représentantes s'éloignaient des canons de la féminité classique, que leur silhouette se rapprochait plus de Schwarzenegger que d'Adjani, je parle de certaines joueuses de
tennis.
L'homme avait fini par être rassuré, devenir fataliste. Il fallait les aider, condescendre à les accueillir prés de son trône, ce n'était pas de leur faute si elles se
montraient mauvaises, c'était par nature. Dans un élan forcé, lié à ces obligations martelées sur les frontons de nos mairies: Egalité, Fraternité, dans un geste magnanime à la Michel-Ange,
l'Homme tendit l'index à la femme pour qu'elle renaîsse. Ca ne Lui coûterait rien puisqu'Il la dépassait...
... jusqu'à lundi dernier, le 25 mai, pour les élections européennes, presqu'à Saint-Mandé, au Chalet du Lac.
Ce jour là avait lieu le grand show, le super-bowl politique, celui où dans l'arène médiatique on allait lancer les fauves, ministres députés sénateurs et même un autochtone: un journaliste.
Avec le sel on avait distillé un peu de poivre, quelques femmes!
Las! Si les prestations masculines furent très correctes (il était conseillé d'éviter un écrasement public), le cyclone féminin fut époustouflant.
Du grand art, un bonheur pour les spectateurs, Caton Socrate et Sarkozy dans sa période candidat.
Une MAM transformée, sans hésitation, pleine d'envolées,
lyrique, connaissant parfaitement un texte à la Chateaubriand, se servant de la tribune comme un acteur de son partenaire, jouant des mains comme Cotillard, son visage riche de
dix mille expressions, elle devenait digne des cours de Stanislavsky: du Sarah BerMAMnhardt !
Une Valérie Pécresse passionnée, inspirée suivit
dans un autre registre, du souffle, une grande espérance, l'Ile-de-France de demain.
Enfin Rachida Dati étincelante, non,
pas grâce aux montres de Julien Dray, belle, comme une des oeuvres d'art de la collection Pierre Bergé, qui après avoir effectué le "sale boulot" (aller, à la demande du président,
prévenir sur place chaque grande ville dans laquelle un tribunal allait fermer) deviendra dans quelques semaines le symbole du ministre-kleenex. Prestation cristalline d'une grande pro, mais
difficile dans ce contexte de se battre "jusqu'à la mort!".
Alors notre pauvre Cavada fut bien terne, peut-être quelques cours à l'école de Lille ... je sais, c'est un peu tard.
En tous cas bravo aux femmes, merci de nous rappeler que vos places vous les méritez, et les hommes?